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Société,Technologie

Qu’est-ce que l’information en 2016 ?

15 Fév , 2016  

Avec la démocratisation d’internet, l’information est devenue plus accessible. Tellement accessible qu’elle est presque devenue immédiate. Les médias, la presse « traditionnelle » se doivent dorénavant de composer avec des outils différents, un public encore plus exigeant et un financement encore plus difficile. Avec tous ces changements, des notions qui paraissaient simples sont devenues complexes. Difficile de définir ce qu’est communiquer de nos jours. Difficile de définir ce qu’est un média. Difficile de définir ce qu’est s’informer. Pourtant, ce sont des notions qui en devenant complexes ont gagné en importance. Parmi ces dernières, il faudra se concentrer sur la signification du terme information de nos jours.

L’information est un processus.

Pour arriver à délivrer une information, il faut se lancer dans une véritable enquête. D’abord, recueillir l’information. Ensuite, décider de quelle manière elle sera traitée. Enfin, mettre en forme cette information pour qu’elle soit en conformité avec la façon dont a décidé de la traiter. Ce processus a toujours existé. Son application pour qu’il réponde aux évènements que vivent le public est une construction de la presse moderne et du journalisme. Dorénavant, cette idée est revue, car le développement du système médiatique l’a enrichie. Il ne s’agit plus seulement d’informer mais aussi de divertir, de plaire, d’anticiper. Les médias deviennent protéiformes. Par exemple, internet permet à n’importe qui d’accéder à un contenu informationnel ou à un contenu divertissant. La télévision est également une mise en pratique de l’union entre le divertissement et l’information. Ainsi, Le Petit Journal de Yann Barthès ou encore On n’est pas couché sont désignés comme des émissions d’infotainment. Ce mot-valise composé du terme information et d’entertainement (divertissement en anglais) résume à merveille le propos. Non seulement Le Petit Journal invite des hommes politiques ou fait des reportages très pertinents, mais il parvient aussi à faire des séquences humoristiques comme celles de Catherine et Liliane. S’il faut amuser et informer, c’est parce que le public ne se satisfait plus d’une information simple qu’il peut avoir dans toutes sortes de journaux ou sur internet. Afin de fidéliser, il faut divertir, entrer dans la connivence avec son public. C’est parce qu’internet a changé la donne que certains médias ont dû s’adapter.

Si la notion d’information s’est alternée, deux aspects demeurent tout de même. L’information, c’est avant tout le choix d’un format et d’un contenu. Il faut choisir si l’information sera, par exemple, délivrée sur un blog, sur un podcast ou sur une chaîne YouTube. Avant internet, la transmission de l’information était soumise à de grands moyens techniques et financiers. Ce n’est plus le cas. Un simple blog permet de transmettre ce que l’on souhaite. La forme est donc devenue plus accessible. Le contenu l’est également. Un journaliste n’a plus forcément besoin de voyager pour acquérir des informations. Il suffit qu’il suive celles que retranscrivent eux-mêmes sur internet les habitants et les journalistes des autres pays. Ainsi, les réseaux sociaux ont permis au « Printemps arabe » de prendre de l’ampleur. Les journaux traditionnels n’étaient quasiment d’aucune utilité. Tout se passait sur internet, face à cela, le déplacement d’un journaliste étranger au Maghreb devenait inutile puisque toutes les grandes informations étaient disponibles sur internet. Les interviews pouvaient même être effectuées par Skype ou bien par mail. Le changement que permet internet est si important que la chaîne de télévision France 24 n’a pas hésité à faire un programme nommé Les observateurs. Les habitants du monde entier sont invités à filmer, à commenter les évènements marquants qui se produisent dans leur pays. Ils sont ensuite diffusés sur France 24. Le public devient donc un journaliste potentiel.

L’information rime avec la participation du public.

Actuellement, pour qu’un média soit crédible et pertinent, il se doit de réagir le plus vite possible sur tous les évènements. Celui qui déniche et transmet le plus vite l’information est donc celui qui est le plus rentable. Pour y arriver, il faut maintenant compter sur le public. Impossible pour une rédaction de couvrir chaque minute ce qui se passe dans le monde entier. Le public, lui, le peut. La prolifération des incidents rend le contenu plus dense, c’est pourquoi le public devient d’une aide incommensurable. Pour mieux comprendre l’aide que peuvent apporter les utilisateurs d’internet, il suffit de prendre l’exemple de Wikipédia. Cette encyclopédie en ligne invite les lecteurs à remplir les pages des personnes, des évènements, des objets, des domaines qu’ils connaissent. Si la participation est valorisée, un tri demeure. Wikipédia ne publie pas tout. Tous les observateurs de France 24 ne passent pas à la télévision. C’est donc toujours au journaliste de filtrer l’information. C’est nécessaire pour plus de clarté éditoriale mais aussi pour des raisons économiques. Cela prendrait trop de temps et d’argents de donner une tribune totale au public.

S’il faut économiser, il faut aussi faire des bénéfices. L’information a et sera dans une logique financière. Celle qui domine actuellement est celle de l’audience. Pas question de faire des reportages longs et détaillés (ce serait prendre le risque que le public se lasse), il vaut mieux couvrir le plus d’évènements, et cela, de manière succincte. Ainsi, un véritable appauvrissement de certains médias se fait ressentir. Sur certains sites d’informations, les articles se résument à des titres accrocheurs et des pages remplies de vidéos. Pour lutter contre ce phénomène, certains médias profitent de la liberté que procure internet pour diffuser des informations longues et fournies. Le site Lesjours.fr fait partie de ceux-là. Des reportages de plusieurs jours, c’est-à-dire des « obsessions », comme ils les appellent, sont développées. Cela montre à quel point l’information et son traitement sont difficiles à définir et à normer.

Actuellement, l’information est immédiate, omniprésente et multiforme. C’est donc aux journalistes, avec l’aide du public, de faire une réflexion sur la façon de diffuser des propos. Forme et contenu sont les deux pôles à privilégier lorsque l’on veut transmettre une information. La forme est souvent négligée. Or, elle permet vraiment de faire la différence, surtout dans une époque où le contenu est de plus en plus accessible.

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Messan Moïse Ayivi
J’écris dans à peu près toutes les catégories. Cela me permet de traiter d’informations diverses en m’impliquant beaucoup dans mes enquêtes.

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