L'élimination au Camp You ne passe toujours pas dans le vestiaire Parisien

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PSG : Quelle suite pour le club ?

9 Mar , 2017  

Incroyable : c’est la réaction générale face à la défaite stupéfiante du PSG au Camp Nou. La remontée impossible, du jamais vu en Ligue des Champions, s’est faite en moins de dix minutes devant des supporters pantois. Ce matin, le PSG est KO-debout. Les deux matchs ont révélé tant les forces que les faiblesses du club. Quel bilan pouvons nous dresser du PSG ? Quelles leçons en tirer ? Comment peut-il progresser ?

Un gap infranchissable 

C’est le constat que fait l’Équipe sur sa une : « Inqualifiable ». Le PSG a cédé comme un château de cartes face au Barça. Le club rate l’occasion parfaite de s’imposer en tant que grand club. Pourtant, l ‘essentiel semblait être fait.

De fait, il n’y a pas une seule raison pour cette défaite, ni un seul responsable : deux buts «concédés » en première mi-temps, deux penaltys, et deux exploits individuels du Barça. Ce résultat montre le gap qui existe entre le PSG et les grands clubs européens

À l'image de son capitaine, le Barça s'est montré à la hauteur du défi / AFP PHOTO / PAU BARRENA

À l’image de son capitaine, le Barça s’est montré à la hauteur du défi / AFP PHOTO / PAU BARRENA

Premièrement, Paris n’a pas joué pour gagner. Jouant à 10 en défense et espérant tenir les 90 minutes, les Parisiens ont cherché à conserver leurs acquis face à un Barça qui arrivait couteaux entre les dents. Un terrible aveu de faiblesse qui a galvanisé leurs rivaux puisqu’il leur donnait raison d’y croire. Résultat : deux buts dignes d’un match de dimanche au Stade Paul Faber encaissés dans les 45 premières minutes.

Deuxièmement, la fragilité psychologique a été mise en évidence. Du penalty risible commis par Meunier sur Neymar à l’effondrement des 7 dernières minutes, le PSG a fait des erreurs improbables et incorrigibles à ce niveau de la compétition. D’où le sentiment de sidération à la fin du match.

Épique, le brésilien a été fondamental dans l’exploit face à Paris.

Enfin, Barcelone, qui était loin d’être à son meilleur niveau, a montré ce qu’il manque véritablement au PSG pour devenir champion européen : un groupe. Barcelone a récupéré ce qu’il avait perdu lors du match aller : son style de jeu. Avec un collectif solide et déterminé, les catalans ont accaparé le ballon et dominé jusqu’au bout. Avec des individualités exceptionnelles comme Suarez ou Neymar, ils ont pu croire jusqu’à la dernière minute, fatidique et libératrice.

Former une équipe 
Ce match est la victoire de la fierté. La fierté des catalans de défendre plus qu’un club : une institution. Meilleure équipe de ces dix dernières années, Barcelone accumule les titres et est fière de revendiquer une histoire séculaire. Le poids du maillot a été déterminant hier soir : les barcelonais sont venus pour défendre leur prestige et ils ont fini par écrire l’histoire.

Le poids historique d'un club est déterminant dans la performance du joueur

Vitrine du Real Madrid, affichant ses 11 Ligues des Champions.

Au cours de son histoire, le club s’est aussi forgé une identité. Lorsqu’on parle du F.C. Barcelone aujourd’hui, on se réfère bien plus qu’à une équipe, on parle d’un projet monumental qui a débouché après des décennies. Et c’est ce travail qui donne tout son prestige et construit sa tradition. Voilà le point commun à tous les grands clubs européens : Juventus, Bayern, Real Madrid, Manchester United, tous sont l’aboutissement de projets sportifs de long-terme.

On a là l’immense divergence entre eux et les nouveaux émergents du football. Le projet de clubs tels que le PSG est obligatoirement de court-terme au vu des sommes gigantesques qu’on investit. Leur but étant de s’imposer coûte que coûte parmi les grands européens. Or, on l’a vu hier soir, ce n’est pas l’argent mais les bons hommes qui sont le nerf de la guerre. Il est temps pour Paris de changer de modèle de développement : il est temps de former une véritable équipe.

Vers un champion européen 

De fait, le PSG a avant tout besoin d’un style de jeu. L’Espagne, l’Allemagne, les derniers champions du monde ont émerveillé par un style de jeu unique et spectaculaire. Une manière de jouer qui a changé la façon de voir le jeu. Aujourd’hui, le PSG a une bonne équipe, mais elle ne présente rien d’exceptionnel. C’est un collectif qui fonctionne bien ensemble, capable d’exploits comme on a pu le voir, mais sans génie. Il faut donc prendre le temps de concevoir une « identité stylistique » au jeu du PSG en exploitant au maximum toutes les individualités.

L'Espagne de 2010 est l'archétype d'un style de jeu unique.

L’Espagne de 2010 est l’archétype d’un style de jeu unique.

Pour cela, encore faut-il former une base solide à l’effectif. En effet, l’équipe titulaire du PSG a complètement changé en 2 ans, chose impossible dans les grands clubs Européens. Par exemple, Chelsea après une saison catastrophique l’année dernière a conservé son effectif : ils sont premiers avec 10 points d’avance cette année. Même Manchester City ou le Real Madrid qui sont des clubs extrêmement exigeants ont conservé une base autour de laquelle s’articule l’équipe. Il est essentiel pour Paris, s’il veut s’imposer de privilégier la qualité plutôt que la quantité de bons joueurs. Le véritable changement serait d’attirer des joueurs expérimentés et solides. Ils apporteraient bien plus au club que des buts, mais de l’expérience. Chose qui manque terriblement au club.

N'golo Kante a été la seule recrue des Blues cette saison et s'impose comme titulaire absolu.

N’golo Kante a été la seule recrue des Blues cette saison et s’impose comme titulaire absolu.

Continuer à investir dans la formation également. Les nouveaux propriétaires du club ont bien saisi cette facette et le poids qu’elle a dans le futur d’un club. Outre le poids financier et sportif des nouveaux formés, le centre de formation est aujourd’hui un facteur essentiel dans le prestige d’un grand club. Ils ont mis sur la table des millions afin d’attirer de nouvelles pépites. Les résultats sont aujourd’hui mitigés puisque les jeunes du PSG ont peu de place dans le groupe. On voit cependant émerger certains noms comme Kipembe ou Rabiot.

Un grand club c’est un club capable de rebondir pour rester au meilleur niveau. Voilà, la véritable démonstration de force dont doit être capable Paris après un tel naufrage. Les parisiens restent très bien placés en championnat et encore en lisse dans les coupes en France. Le triplé national est encore possible mais on ne peut plus disputé face à une équipe de Monaco plus spectaculaire que jamais. Pour se maintenir sur le trône, Paris doit se reprendre au plus vite.

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