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Politique

PS : le renouveau ou la fin ?

30 Jan , 2017  

Décidément, les primaires n’ont cessé de nous surprendre jusqu’au bout. Benoît Hamon inflige au favori Manuel Valls une défaite cuisante ce dimanche. La victoire du député est comme un souffle d’air frais à gauche après un quinquennat marqué par la déception. Certains y voient un retour vers les origines pour mieux repartir. Mais le PS peut-il se relever après la présidence chaotique de François Hollande ?

La gauche s’affirme

La victoire de Benoît Hamon signe le retour fracassant de la «gauche » au parti socialiste. Le frondeur est une image du sentiment des militants vis-à-vis de leurs représentants durant le quinquennat : la révolte. On attribue souvent cette-dernière à la « trahison » de François Hollande en 2013. Le tournant de la rigueur allait contre tout le programme du candidat. Le président sème alors le trouble dans sa majorité, scinde son parti et le condamne avec son quinquennat. La réponse se fait cinglante dans les sondages comme dans les primaires : le gouvernement Hollande est rejeté au sein même du parti.

En ce sens, le choix de Benoît Hamon apparaît comme un retour aux valeurs traditionnelles du parti : la tolérance, la lutte contre les inégalités, la défense du travailleur, l’écologie. Le candidat a su incarner la rupture avec l’obsession de la sécurité, pour Valls, de l’impôt, pour Hollande, et pour l’efficacité, de Macron.

Mettant en avant son intégrité, Hamon a su s'imposer comme l'anti-Hollande

Mettant en avant son intégrité, Hamon a su s’imposer comme l’anti-Hollande

Il ne s’agit pas que de tourner la page du Gouvernement Hollande pour les socialistes. L’ élection de Benoît Hamon comme candidat met fin à la dominance du courant pragmatique du PS, incarné par Jospin, Hollande, Valls ou Strauss-Kahn à son époque. Le député des Yvelines rejette la priorité des marchés et milite pour une solidarité présente dans tous les pans de la société. Le parti socialiste a bel et bien glissé à gauche durant ces primaires.

Mais tout n’est pas rose dans la victoire de Benoît Hamon. Si son score du premier tour lui assure un certaine adhésion à ses idées, toujours est-il qu’il a aussi été élu sur un rejet de Manuel Valls. Controversé dans ses idées, jugé dangereux au sein même du parti, le député est loin de faire l’unanimité. Et il se pourrait que sa campagne vire au fiasco s’il n’arrive pas à compter sur ceux même qu’il a détrôné.

Une dernière campagne ?

Le rassemblement ce n’est pas pour maintenant. On a pu le comprendre lors de l’annonce des résultats de la primaire. Le désarroi dans le camp de  Manuel Valls traduisait bien plus que l’amertume de la défaite : il s’agissait bel et bien d’un rejet du gagnant. Car oui, hier ce sont bien les deux gauches qui s’affrontaient. Et si l’une l’a emporté, elle ne fera pas le poids sans l’autre dans cette présidentielle.

On peut donc se demander : jusque quand ces deux groupes tiendront en un parti ? Le quinquennat Hollande n’a fait qu’exacerber la fracture entre les pragmatiques et les progressistes. Les premiers, soutenant l’austérité et la loi travail, sont proches de Macron voire des Républicains. Les seconds demandant le changement promis il y a 5 ans. Cette élection semble poser la base des conflits internes qui secoueront le parti socialiste pour les prochaines années.

La défaite de Royal en 2007 a plongé le Parti Socialiste dans une période d'instabilité.

La défaite de Ségolène Royal en 2007 a plongé le Parti Socialiste dans une période d’instabilité.

Dans le cas d’un mauvais résultats aux présidentielles, l’éclatement du parti socialiste deviendrait une réalité crédible. Les déchirements de 2002 et 2007 ne sont rien face à la crise identitaire que traverse le parti actuellement. La tension croissante liée à la défaite et les flots d’accusations feraient l’actualité après un premier tour désastreux. Le manque de leadership scellerait la fin du PS tel qu’on le connait car aucune personnalité du parti n’a la capacité aujourd’hui de rassembler le parti.

La campagne de Benoît Hamon n’est pas simplement une course à la présidence, c’est un tournant historique pour le PS. La capacité politique du candidat à concevoir un programme consensuel capable d’unifier son camp peut certainement faire le succès ou la ruine du parti. Benoît Hamon parviendra-t-il à incarner la figure centrale du PS ?

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