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Politique

Pourquoi parle-t-on si peu de l’UPR ?

31 Jan , 2017  

Difficile de comprendre pourquoi l’Union Populaire Républicaine est si absente des débats médiatiques. S’il reste encore à obtenir les 500 parrainages nécessaires, l’UPR est déjà partout et absente à la fois. Dans la rue, des affiches sont placardées subtilement, habilement.

upr affiche

Un slogan mystérieux attise même la curiosité du passant. L’UPR serait le parti qui « monte malgré le silence des médias ». François Asselineau fait donc de sa faible exposition médiatique une force de campagne.  Pourtant, l’UPR n’en est pas à son premier essai. En 2012, le parti avait déjà tenté de participer à l’élection présidentielle. Récemment, il a également effectué 1% des suffrages aux élections régionales.

Des propositions fortes basées sur le programme du Conseil national de la Résistance de 1944

Le parti de François Asselineau a été catégorisé par le Ministère de l’Intérieur dans les partis « divers », c’est-à-dire comme n’appartenant ni à gauche ni à droite. Cela souligne bien à quel point l’UPR souhaite rompre avec ces structures partisanes françaises qui polarisent les élections. La rupture se fait aussi par le programme puisque  l’UPR se base sur des propositions chocs. Contrairement à des politiques comme Marine Le Pen qui souhaitent la refonte des traités européens, ou la sortie de l’euro, François Asselineau souhaite que la France sorte de l’Union Européenne, de l’euro et de l’OTAN. Il souhaite rompre » la construction européenne et (…) l’oligarchie financière et industrielle qui la soutient ». Il s’agit donc d’une sortie totale d’une UE qui d’après François Asselineau entraîne progressivement vers la guerre et le choc des civilisations. Si les coopérations internationales ne sont pas proscrites par l’UPR, il est clair que le parti base sa réflexion sur un ralentissement des relations entre la France et l’Union européenne. Cela passe par l’application de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (TUE). Cet article 50 permet à un Etat membre de sortir de l’UE. Le parti esquisse par de telles propositions une volonté que l’on retrouve dans son programme : celle de rendre au peuple sa souveraineté.

Un retour de la démocratie ?

A travers cette idée, l’UPR souligne donc que les grands partis nuisent plus au peuple qu’ils ne le servent. François Asselineau va même plus loin en affirmant que la Commission Européenne décide par avance des mesures économiques et sociales qui seront prises par le gouvernement français. Certains pourraient le traiter de complotiste, mais le président de l’UPR convainc, preuves à l’appui, de certaines de ses affirmations. Dans son programme, il explique clairement par quel moyen il appliquerait chacune de ses propositions. Parfois, François Asselineau s’essaye à des podcasts où il tente d’éclairer les visionneurs sur le jeu politique actuel, et les différentes actions qu’il implique. Comme avec l’analyse de la vidéo d’annonce d’En Marche.

La tendance du vote utile nuit aux petits partis.

L’UPR propose et argumente de manière claire et en dehors des discours formatés. Ce qui nuit à la visibilité du parti, c’est le fait qu’il est victime de cette manie du vote utile qui domine au sein de l’électorat français. Ainsi, la plupart des citoyens votent pour le candidat qui a des chances de gagner et moins pour celui qu’ils préfèrent vraiment. Ils votent surtout parce qu’ils souhaitent que leurs voix portent. Cependant, cette tendance du vote utile est en elle-même incompréhensible. Si personne ne se souciait du candidat favori des sondages, et votait seulement pour celui qu’il préfère, notamment par l’étude de son programme, alors les votes seraient différents. Il serait également plus difficile pour certains d’influencer les votes à travers leurs présences médiatiques. L’UPR pêche donc justement par son silence dans les médias car quoique l’on en dise, l’exposition médiatique permet à un candidat de s’affirmer sur la scène politique.

Qui plus est, des propositions de l’UPR peuvent se retrouver de manière plus aseptisée au sein des programmes des autres candidats. Par exemple, Benoît Hamon place également sa campagne sous le signe d’un retour de la démocratie. Le candidat PS souhaite l’instauration d’une VI République où le peuple serait au centre des décisions et à l’intérieur de laquelle le représentant politique s’effacerait.  Dans un autre registre, le FN a aussi comme mesure phare la renégociation des traités européens afin de permettre à la France de retrouver sa souveraineté, oubliant par la même occasion de préciser que pour qu’une négociation ait lieu, les autres Etats membres doivent donner leurs accords, ce qui n’est pas prêt d’arriver facilement si la négociation souhaite favoriser la position de la France au détriment de celle des autres.  Benoît Hamon et Marine Le Pen sont des candidats qui allient des mesures aseptisées de l’UPR tout en bénéficiant d’une plus grande exposition médiatique. L’UPR est donc piégé car pour le citoyen lambda, il ne propose rien de nouveau comparer aux autres partis et en plus de cela ne bénéficie pas d’une notoriété le rendant crédible politiquement.

La position de l’UPR, qui peine malgré des propositions plus détaillées que d’autres partis, souligne à quel point il n’est pas facile de se détacher des grands partis au sein du paysage politique français. Pire, il semblerait même que ces partis aient cadenassé l’accès aux petits partis. Seul le peuple peut vraiment sortir de cette domination des grands partis, mais en a-t-il vraiment envie ?

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Messan Moïse Ayivi
J’écris dans à peu près toutes les catégories. Cela me permet de traiter d’informations diverses en m’impliquant beaucoup dans mes recherches et mes enquêtes. J’espère que vous apprécierez mes articles.

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