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Interview,Musique

[Interview] Lili Poe : une chanteuse pleine de ressources ?

7 Avr , 2016  

Son dernier titre, Une larme, vient de sortir en clip vidéo. La chanteuse Lili Poe nous parle de ses inspirations et de ses futurs projets.

Les débuts de Lili Poe

Pourquoi Lili poe ?

Lili, c’est un surnom. Poe, ça fait référence à mon prénom Pauline mais surtout c’est pour faire un clin d’oeil à Edgar Poe.

Du coup, est-ce que ça veut dire que t’as un peu une conscience littéraire dans tes œuvres ?

J’avoue que j’ai plus une conscience cinématographique. Mais c’est vrai qu’il y a des œuvres littéraires qui m’ont marquée. Avec Edgar Poe, j’aime bien ce côté fiction assez sombre, mystérieux.

Justement, dans tes chansons tu aimes bien faire le beau à partir du sombre. Pourquoi ? Qu’est-ce qui te plait là-dedans ?

Je trouve qu’il y a quelque chose de très beau dans les œuvres tragiques. Sombre, à part le titre, c’est très festif. Ca parle de ce genre d’histoires d’amours qui nous font mal mais comme on y trouve une certaine complaisance, on y reste. A cet instant là, on ne se rend pas compte que ce sont des histoires tragiques. J’aime bien jouer avec les paradoxes.

C’est vrai que tu es paradoxale parce que quand j’ai vu certaines de tes perfomances au Sankofa Soul contest c’était très festif et punchy. Quand on écoute Une larme, c’est tout l’inverse. T’as plusieurs palettes. Pourquoi t’inscrire dans la vaine un peu sombre ? C’est ce côté qui empreignera ton album ?

J’y ai pas vraiment réfléchi. Effectivement, dans mon album, il y aura pas mal de choses sombres mais pas que. On est en train de faire des nouvelles chansons, peut-être un peu moins lourdes et tristes. Mais c’est des choses qui m’inspirent. C’est complètement à l’inverse de qui je suis dans la vie mais c’est ce que j’aime. La musique c’est un espèce d’exutoire. Mes chansons, c’est pas que moi, c’est un bout de moi. C’est aussi des rôles. J’aime bien raconter des histoires, me mettre dans la peau de quelqu’un.

 

On t’a connu grâce à la scène, pourquoi t’as commencé d’abord par là ?

J’ai commencé par la scène parce que c’est plus dur de faire des albums, des clips. J’ai habité à Londres, j’ai fait énormément de jam. Quand je suis rentrée à Paris, du coup je suis allée chercher ça. C’est pour ça que je me suis inscrite au Sankofa. C’est là que j’ai rencontré les musiciens avec qui je travaille encore aujourd’hui, 8 ans après. Tous mes amis musiciens, chanteurs, je les ai rencontrés au Sankofa. Et c’est surtout un très bon apprentissage de soi, de son interprétation. La scène ça a été un apprentissage sur le terrain. Il y a deux ans, j’ai rencontré le producteur Medeline, ça a changé beaucoup de choses. Le feat avec Disiz, l’entrée dans Low Wood. C’est plutôt eux qui ont fait qu’il y a un truc qui a évolué.

D’ailleurs, comme tu dis que tu as commencé par la scène, est-ce que c’est ça qui t’as permis de connaître les « grosses têtes » du milieu. D’ailleurs, récemment t’as posté une photo de Tal et toi sur ton réseau social. Est-ce à dire qu’elle sera sur ton album ?

Non, c’est une amie. Elle sera pas dans mes musiques à venir. Sinon, les rencontres sont venues grâce à la musique, au jam, tout simplement. Je suis une amie de Julia Cinna qui organise la Jam to the wild, c’est à la Favela Chic tous les mardis soirs. Ca crée des connexions. C’est juste du hasard.

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Ses inspirations et le travail de composition.

Est-ce que ce qui va sortir sera un EP, un album ?

Pour l’instant, je ne sais pas encore ce qui va sortir. On est en train de travailler, mais on va sortir quelque chose. Il y a surtout d’autres singles qui vont sortir dans les mois qui viennent.

Pour revenir sur la composition, est-ce que tu la fais avec d’autres personnes ou bien en solo ?

Ah non, c’est pas moi qui fait tout. J’adore travailler en équipe et puis je sais pas tout faire surtout (Rires). Mais y a pas de règles, c’est arrivé que je fasse une compo piano-voix. Puis, je la donne à Medeline, pour qu’il fasse les arrangements. Ou alors, il m’envoie les instrus, un peu comme les rappeurs, j’aime bien travailler comme ça parce que moi j’aime faire les mélodies surtout. Les textes, je les coécrits avec Emilie de Madame Monsieur. Il n’y a pas de règles, soit elle me propose un texte et je change des choses ou soit c’est l’inverse. C’est vraiment un travail d’équipe. C’est un peu désarticulé mais c’est plus vivant.

Et ça prend combien de temps environ pour arriver à une chanson ?

Il n’y a pas de règles, certaines se font en une journée et y a d’autres titres qui durent, et qui durent.

Mais quand ça dure comme ça, est-ce qu’on n’a pas envie d’abandonner le titre pour se lancer dans quelque chose de plus neuf ?

Ouais mais l’inspiration peut revenir et il y a des chansons où on sent qu’il y a truc et qu’il faut pas lâcher. En général quand je bloque, je laisse un peu de côté et je reviens plus tard avec un œil neuf.

Est-ce quand tu fais certains titres, tu t’inspires de certains artistes que t’aimes bien ?

Moi, je trouve que c’est hyprocrite de dire qu’on s’inspire jamais. J’écoute énormément de personnes, j’ai envie de croire qu’on découvre toujours de la musique. Ce que j’écoute et ce que je vois m’inspirent. Je suis très inspirée par le cinéma et tout ce que je vois. Forcément, ça influe sur mes chansons, ce que j’ai vais avoir envie de faire.

Niveau cinématographique, qui est-ce qui t’inspires le plus ?

Comme réalisateur, j’adore David Lynch. C’est tès onirique, perché mais je trouve qu’il laisse la place à beaucoup de choses. Quand j’écris une chanson, j’ai un visuel en tête. Du coup, c’est vachement sympa de travailler avec La sucrerie. Ceux sont eux qui ont fait mes clips.

Qu’est-ce que tu peux dire pour donner envie aux gens de regarder le clip d’une larme ?

Alors le clip, c’est complètement lié à la science-fiction. Ca se passe dans le futur, l’air manque. Ca se passe dans les baffons de Shanghaï. Je suis dans le clip. C’est un futur où on peut aller dans un endroit secret de Shanghaï pour se faire enlever des souvenirs. Ah, c’est pas un bon teasing ça ? (Rires). C’est Alain Guillerme de La Sucrerie qui a réalisé le clip. C’était agréable, il m’a proposé un univers de science-fiction. Je suis une grande fan de la SF donc j’étais super contente. C’est surtout original. J’espère que ça va plaire. Même si c’est pas commun comme clip, je suis fière du résultat.

Justement, le clip va bientôt sortir. Est-ce que tu as toujours cette petite appréhension ?

Ouais, je sais pas comment ça va se passer. Je sais pas si les gens vont aimer. Je suis pas blasée. On en parlera au bout du troisième album peut-être(Rires).

Qu’est-ce qui te donne envie de faire des collaborations ? Pourquoi Disiz ?

Je le suis depuis son premier album. Comme je bosse avec Medeline, qui travaille aussi avec Disiz sur les prods de ses titres, il a fait écouter Sombre à Disiz. Il l’a tellement aimé qu’il a voulu faire un featuring. Effectivement, c’était un moment incroyable. La séance de travail, c’était fou. En plus, il m’a proposé de faire sa première partie à l’Olympia. Un très beau souvenir.

Oui j’avais vu, est-ce que tu dirais que c’est ton plus grand souvenir de scène ?

Oui, le public de Disiz m’a très bien accueillie. J’avais peur du fait que ce soit une première partie. Les gens viennent pas pour toi quand t’es en première partie. En plus, c’était à l’Olympia, avec beaucoup de monde et de stress. Finalement, j’ai été super bien reçue. Tout le monde était assez bienveillant. C’était un moment incroyable.

La dédidace à Juste1question

A part ceux de Low Wood, donne-moi Juste 1 artiste que tu aimerais qu’on interview ?

Je dirai… les 3SOMESISTERS. C’est très intéressant ce qu’ils font. C’est de la Pop Baroque je dirai. C’est assez puissant. Très vocal, leur maîtrise vocale est hallucinante.

Juste 1 numéro de la personne la plus connue que tu as dans ton téléphone ?

Je dirai Disiz. Il y a Hapsatou Sy aussi mais Disiz est connu depuis plus longtemps qu’elle. C’était la maraine du Sankofa l’année où j’ai gagné. Depuis, elle me soutient vachement. C’est une nana incroyable.

Juste 1 prochaine date de ton live ? 

Je serai en showcase au Dancing de la Brasserie Barbes le 19 avril ! Alors, venez tous !

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Messan Moïse Ayivi
J’écris dans à peu près toutes les catégories. Cela me permet de traiter d’informations diverses en m’impliquant beaucoup dans mes recherches et mes enquêtes. J’espère que vous apprécierez mes articles.

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