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Cinéma,Culture / Divertissement

Juste1film : Ma vie de Courgette

2 Nov , 2016  

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On ne pouvait pas ignorer cette petite perle d’animation. Poétique, délicat, mais cruel, le film d’1h réalisé en stop-motion par Claude Barras, (librement adapté de l’Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris) raconte la vie d’un petit garçon de 9 ans, Courgette, qui réapprend à vivre dans un orphelinat. Icare (de son vrai prénom), fils d’une mère alcoolique, va rencontrer d’autres enfants qui, comme lui, se battent contre leur passé.

Il suffit d’observer le public dans la salle à la fin de la séance pour comprendre que le film se destine à deux publics. Aux jeunes enfants d’abord, qui s’amusent des mauvais coups de Simon, un des pensionnaires de l’orphelinat, et s’émerveillent quand Courgette est finalement adopté.

Mais le film est doté d’une violence d’autant plus frappante pour les adultes qu’elle se cache dans ce qui semble n’être qu’un film pour enfants. Ma vie de Courgette, c’est aussi un film sur la solitude et la nécessité de ne jamais perdre espoir. Courgette, jeune garçon matricide (information qui semble avoir échappé aux plus jeunes du public) : le ton est donné. On est à la limite de l’anti-héros, puisque celui qu’on affectionne est présenté dès les premières minutes comme un « meurtrier malgré lui ».

Dans l’orphelinat, il découvre peu à peu le passé de ses camarades, tous traumatisés par l’environnement dans lequel ils ont grandi : celle qui a été sauvée des mains d’un pédophile, celui dont le père est en prison, ou Simon, rejeté par une famille de toxicomanes… Avec la candeur de l’enfance, l’horreur de ce que la vie peut réserver aux plus innocents se révèle sous les yeux du spectateur ; et quand Simon dit à Courgette que ce qui les rassemble, c’est qu’« on a plus personne pour nous aimer », c’est l’injustice qui saute aux yeux. Sans parents, Courgette ne se sépare jamais de son cerf-volant sur lequel est dessiné une figure héroïque censée être son père.

L’espoir revient toutefois dans la deuxième partie du film en la personne de Camille, une nouvelle pensionnaire d’une dizaine d’années qui a vu son père tuer sa mère (on vous aura prévenu). Sa tante, allégorie du Mal, tente en vain d’obtenir la garde de l’enfant pour toucher de l’argent, ce qui ne l’empêche pas de lui dire qu’elle est « une traînée comme sa mère » et qu’elle « vient de creuser sa tombe ». Courgette tombe immédiatement amoureux de la petite fille et c’est ensemble qu’ils seront adoptés par Raymond, le policier qui s’est occupé de Courgette. Fin heureuse ? D’une certaine manière oui, puisque le petit garçon aux grands yeux tristes du début retrouve une famille ; mais qu’en est-il des autres pensionnaires ?

Ayez le cœur bien accroché, mais ça en vaut la peine : magnifique film sur le combat de la vie, Ma Vie de Courgette ne peut que vous émouvoir.

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Clélia
J'écris surtout dans la catégorie Société. J'aime lire, voyager et découvrir ! Je m'intéresse beaucoup à l'actualité, et espère vous transmettre mon envie de la comprendre.

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