[Juste1film] Napalm


Ce pays objet de craintes internationales a une saveur toute particulière pour lui. Dans un documentaire tourné essentiellement en caméra cachée, Napalm, Claude Lanzmann part à Pyongyang en Corée du Nord. Au moment du tournage, c’est déjà la troisième fois qu’il s’y rend.


En 1958, le réalisateur se rend pour quelques jours à Pyongyang avec une délégation française. Souffrant, il rencontre une jeune infirmière nord-coréenne, Kim Kun Sun, qui s’occupera de lui. En quelques jours, les sentiments du réalisateur pour cette femme ne font que décupler, alors même qu’ils ne sont jamais seuls et ne peuvent pas se parler. Puis un baiser, langoureux, et leur relation prend une nouvelle tournure. Ils passeront par la suite un après-midi en canot sur le fleuve Taedong, faisant fi des regards ahuris des nord-coréens.


Un seul mot les unit, « Napalm », le seul que les deux comprennent et qui leur permettra de vivre l’illusion d’une histoire d’amour le temps de quelques heures. Presque 60 ans plus tard, le souvenir de cette rencontre est toujours aussi vif, et, face caméra pendant toute la deuxième du film, le réalisateur raconte.


Empreint de nostalgie et dédié à son fils décédé l’année dernière, le film plonge le public dans une nouvelle approche de la Corée du Nord, si souvent terre de désolation dans l’esprit commun, et qui devient le décor d’une histoire d’amour secrète et protégée.


Après son départ, il ne l’a jamais revu et n’a reçu qu’une lettre. Mais c’est ce souvenir intouché et intouchable que Lanzmann raconte, comme une rêverie. Le documentaire se veut spontané, narratif, sans idéologie ni discours politique. A Pyongyang, il retourne dans les lieux qui ont marqué cette histoire éphémère.


Napalm (2017)

Claude Lanzmann

1h40

 

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