gosthintheshell_film-1

A propos,Cinéma,Culture / Divertissement,Société

Ghost in the Shell : le whitewashing hollywoodien de trop ?

2 Déc , 2016  


L’événement cinématographique du mois, c’est la sortie de la bande-annonce de la nouvelle production hollywoodienne de Rupert Sanders. Le film, inspiré du manga du même nom, révèle dans sa bande-annonce que le même fléau raciste qui frappe toutes les adaptations américaines d’œuvres asiatiques (ou presque) a sévi.


Le manga de Masamune Shirow, publié originellement en 1989, a eu à sa sortie un succès sans précédent au Japon et dans le monde. Le pitch : situant son intrigue dans les années 2030, le manga futuriste a pour personnage principal un cyborg féminin, Motoko Kusanagi, qui lutte contre le crime. Face à elle, l’ennemi public numéro 1, une intelligence artificielle appelée « Puppet Master », qui sème le chaos en prenant l’esprit d’un homme. Le manga pose surtout comme problématique le rapport entre l’humanité et la technologie, et la possibilité de sentiments humains chez un humanoïde. Véritable terrain de jeu pour les créateurs d’effets spéciaux donc, et potentielle mine d’or pour Hollywood.


nefqpy5tmitmjg_1_a


Néanmoins, on a immédiatement les dents qui grincent en voyant la bande-annonce. Le casting est l’illustration même de la suprématie blanche à Hollywood. Rupert Sanders dirige Scarlett Johansson comme personnage principal, accompagnée par Pilou Asbaek, Michael Pitt ou encore Juliette Binoche. Alors oui, cela dit, dans le casting, on a l’immense star japonaise Taeshi Kitano ; mais dans un rôle relativement secondaire, alors que le personnage principal est une américaine, maquillée de telle manière qu’elle ressemble aux personnages de manga aux traits souvent occidentalisés. On ne doute pas que le budget alloué au film permettra une prouesse cinématographique, mais la non-représentation asiatique reste un problème inhérent à l’industrie cinématographique internationale, et en particulier américaine.


Alors loin de nous l’idée de faire une hiérarchie des formes de racisme dans le domaine du cinéma ; mais nul ne peut contester qu’une adaptation d’une œuvre d’Alain Mabanckou jouée uniquement par des acteurs blancs ferait scandale, et à juste titre. Or dans le cas des adaptations d’œuvres asiatiques – dans le cas où la production du film est occidentale -, c’est en toute impunité que les réalisateurs et réalisatrices embauchent des acteurs blancs, en faisant en sorte qu’ils ressemblent le plus possible aux personnages des mangas – que ce soit par leur habillement, leur maquillage…-. Mais les personnages en question restent des Japonais, des Chinois, des Coréens, et l’appropriation culturelle américaine clairement discriminatoire ne devrait pas exister.


De la même manière, ce qui coince, c’est qu’Hollywood n’en est pas à son premier coup d’essai. Quand on pense à l’ensemble des acteurs et actrices asiatiques ultraprestigieux et doués (Song Kang-Ho, Takeshi Kitano, Chen Kun, Zhang Ziyi…), on se questionne sur la légitimité du choix des acteurs, uniquement fondé sur la volonté d’attirer le public occidental dans les salles, en considérant que les acteurs asiatiques n’auront pas la même attractivité…


Après Matt Damon dans La Grande Muraille, et maintenant Ghost in the Shell, on commence à perdre espoir quant au racisme latent au cinéma ; à quand une prise de conscience de l’industrie, et une mise en valeur du jeu d’acteur asiatique ?

 

Notez cet article !
Nombre de vote : 4

Articles similaires :

Que penser d’un événement féministe non-mixte ? Le 7 mars était célébrée la journée de la femme. A l'occasion, une réunion féministe non-mixte était organisé à l'UQAM, prestigieuse université mont...
Nouvelle collection Henrik Vibskov : des inspirations venues d’a... Avec ce défilé présentant sa nouvelle collection Homme Printemps/Eté, Henrik Vibskov a marqué la Fashion Week. La scénographie du défilé, les pièces...
Ligue 1 : A qui le titre cette année ? Alors que nous entamons la dernière ligne droite du championnat, la question se pose. Et cette année, elle est enfin pertinente. Car oui : l'hégémon...
Pourquoi parle-t-on si peu de l’UPR ? Difficile de comprendre pourquoi l'Union Populaire Républicaine est si absente des débats médiatiques. S'il reste encore à obtenir les 500 parrain...
Clélia
J'écris surtout dans la catégorie Société. J'aime lire, voyager et découvrir ! Je m'intéresse beaucoup à l'actualité, et espère vous transmettre mon envie de la comprendre.

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier quand
avatar

wpDiscuz