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Politique,Société

Européennes : élections, mode d’emploi

10 Oct , 2018  

Le 26 mai 2019, les français auront à élire leurs représentants sur la scène européenne. Si des débats agités existent déjà sur les différents enjeux politiques et idéologiques concernant l’UE, l’aspect technique de ce scrutin d’importance majeure peut paraître complexe pour la plupart d’entre nous. Il peut donc être utile de rappeler comment fonctionne la démocratie européenne, ou en d’autres termes, pourquoi nous allons voter.

Pourquoi voter ?

Les élections que nous appelons communément « Élections Européennes » permettent en fait de composer le Parlement Européen, une des quatre institutions politiques de l’Union Européenne, mais également la seule composée de membres élus au suffrage universel direct, et donc celle qui représente l’ensemble des citoyens européens. Les 751 députés européens élus partageront avec le Conseil de l’UE le pouvoir législatif. Ils choisiront également le président de la Commission, tête de l’exécutif à l’initiative des lois.

Tout comme pour les élections législatives françaises, le scrutin européen se divise en plusieurs circonscriptions. Chaque État membre peut décider du nombre de circonscriptions qui le représentent, soit par une circonscription unique, soit en divisant le pays en plusieurs circonscriptions. La nouveauté instaurée en France par la loi du 25 juin 2018 relative à l’élection des représentants au Parlement Européen est qu’elle sera cette fois représentée par une liste unique de 79 candidats, soit le nombre de députés qui siègeront au Parlement, contrairement à l’élection de 2014 pour laquelle les candidats étaient répartis en 8 circonscriptions régionales avec un nombre de représentants proportionnel à leur population. Les listes de candidats sont par ailleurs présentées par les partis français habituellement représentés au cours de nos élections nationales et obtiendront un nombre de sièges proportionnel à leur score, à condition que celui-ci soit supérieur à 5%. Les députés élus sont ensuite libres de créer des alliances avec les partis des autres États membres.

Pour qui voter ?

Si vous n’avez aucune idée de ce qui est proposé, voici une petite mise au point des tendances majeures émergeant de la campagne en cours.

Une nouvelle polarisation de l’Europe

Si le paysage politique français s’est trouvé bouleversé depuis les élections européennes précédentes, il en va de même pour la majeure partie des nations du Vieux Continent. On observe notamment une montée en puissance des partis nationalistes et conservateurs. Les exemples les plus récents sont l’élection de la Ligue du Nord dans la coalition du gouvernement italien, très largement représentée par son secrétaire fédéral et désormais ministre de l’Intérieur Matteo Salvini ; mais également Viktor Orbán, premier ministre de la Hongrie, qui a su faire parler de lui sur la question migratoire, mais également par une politique de plus en plus conservatrice en termes de mœurs au sein de son propre pays. Si la Ligue du Nord occupe déjà aux côtés du Rassemblement National et de l’Alternativ für Deutschland (AfD, extrême droite allemande) les sièges de l’Europe des Nations et des Libertés (ENL), le Fidesz d’Orbán pourrait bien les rejoindre, délaissant les rangs du Parti Populaire Européen (PPE, centre-droit) et ses alliés actuels.

Face à cette vague nationaliste, une opposition timide de la part des libéraux europhiles. Côté français, la République en Marche (LReM), pourtant autoproclamée farouchement pro-européenne, peine à définir une ligne politique claire portée par une tête de liste, et reste donc prudente quant à ses intentions d’alliances. Le chef de file belge de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ALDE) Guy Verhofstadt n’a pourtant de cesse de faire du pied au jeune parti porté par Christophe Castaner, prédisant « une lutte entre les nationalistes et populistes d’une part, et une alternative pro-européenne de l’autre. », et suggérant une possible union. D’autres partis démocrates et de centre-droit européens tels que les Ciudadanos en Espagne ou le FDP en Allemagne semble par ailleurs intéressés par une alliance pro-européenne.

Les grands partis en perte de vitesse

En marge de cette nouvelle polarisation, républicains comme socialistes conservent leurs alliances traditionnelles, mais ne semblent pas trouver de réel consensus au sein de leurs partis respectifs. Côté droite, Laurent Wauquiez semble subir le revers de la nouvelle ligne eurosceptique du parti qui longtemps gouverna la France de manière très libérale et pro-européenne. Son objectif annoncé ne dépasse d’ailleurs pas les 15% des suffrages.

Chez les socialistes, il faudra composer avec le refus de Pierre Moscovici. En effet, le PS n’aura pas réussi à convaincre le commissaire européen de la pertinence de son programme face au « défi existentiel auquel fait face l’Europe ».

« Génération-s » ne semble pas en meilleure posture puisque faute de vedette au sein du (trop) jeune mouvement, Benoît Hamon et contraint de se présenter lui-même en tête de liste et risque donc de mettre un terme définitif à sa carrière politique en cas d’échec.

Une alternative rouge ?

Seul l’esprit de revanche de Jean-Luc Mélenchon se pose comme une alternative tierce à ce nouveau clivage entre europhiles et nationalistes. En effet, le leader de la France Insoumise compte bien contrer les projets européens des libéraux, présentant les élections européennes comme un « référendum anti-Macron ». Pour ce faire il a su s’entourer de la gauche radicale européenne, notamment le Podemos espagnol, mais aussi la coalition rouge-verte danoise ou le Bloc de gauche portugais.

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