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Société

[EDITO] Catherine Deneuve en roue libre sur le plateau du Quotidien ?

17 Mar , 2017  


Invitée du Quotidien aux côtés de Benoît Hamon et d’Iris Mittenaere pour fêter les 60 ans de sa carrière, Catherine Deneuve s’est prêtée au jeu des photos que Yann Barthès faisait défiler. Grand mal lui en a pris, puisque cet exercice traditionnel de l’émission s’est vite transformé en l’un des moments télévisuels les plus embarrassants de la semaine.


Quand Yann Barthès montre une photo de Roman Polanski à Catherine Deneuve et lui demande ce qu’elle pense de l’affaire des Césars, le dérapage commence. Dénonçant un acharnement injustifié, l’actrice réaffirme qu’une version erronée de l’affaire Polanski s’est imposée ; avant de commettre l’irréparable en défendant ce qui s’apparente pour elle à une erreur honnête de la part du réalisateur : « Elle ne faisait pas son âge de toute façon » ; et de renchérir « J’ai toujours trouvé que le mot de viol avait été excessif ». Selon l’actrice, parce que Samantha Geimer (la victime en 1977) faisait plus que son âge, (« 15 ou 16 ans »), c’est un procès abusif qui est fait à Roman Polanski. Devant un Yann Barthès visiblement abasourdi par ce qu’il entend, Catherine Deneuve n’en démord pas. Parce que pour elle, de toute façon,  Roman Polanski a « toujours aimé les jeunes femmes » et que tout le monde le sait. Même si le présentateur vedette essaie de rattraper tant bien que mal la situation, en lui demandant si elle réalise que ses propos sont « inaudibles » pour la plupart des gens aujourd’hui, le mal est fait.


Comment ne pas y voir une nouvelle fois une manifestation du « je suis féministe, MAIS » ? Petits rappels pour l’actrice française : un viol est un viol quel que soit l’âge réel ou l’âge « « apparent » » de la victime ; non, on ne peut pas minimiser un détournement de mineur ; non, ce ne sont pas les « féminazies » qui chipotent – position qu’elle avait d’ailleurs déjà assumé il y a quelques semaines, en condamnant le procès qui était encore fait à Roman Polanski dans l’opinion publique. Et non, en aucun cas un viol ne peut être justifié sous prétexte qu’il y a prescription quarante ans après.


Les réseaux sociaux se sont immédiatement émus de la diatribe de Catherine Deneuve en dénonçant des propos « irresponsables », « extrêmement choquants » et y voient, encore une fois, une manifestation de la banalisation et de la minimisation de l’abus de mineur et du viol.

 

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Clélia
J'écris surtout dans la catégorie Société. J'aime lire, voyager et découvrir ! Je m'intéresse beaucoup à l'actualité, et espère vous transmettre mon envie de la comprendre.

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