Homo don sang

Société

Don du sang LGBT : Une réelle avancée?

13 Juil , 2016  

« Désormais, on ne pourra plus refuser le don du sang à quelqu’un au seul motif qu’il est homosexuel ». Avec cette phrase, Marisol Touraine faisait tomber l’une des discriminations les plus absurdes pesant sur la communauté LGBT. Cependant, les conditions d’ouverture au don restent extrêmement restrictives. Les associations LGBT dénoncent une nouvelle forme de discrimination. A-t-on vraiment connu une avancée avec cette loi?

D’où vient la restriction ?

Pourquoi les homosexuels ne pouvaient pas donner leur sang ? En 1983, le virus du SIDA a été découvert en France ainsi que ses formes de transmission. Le virus était la cause d’une paranoïa parmi la population. Le SIDA était assimilé à des milieux peu honorables à l’époque : Homosexuels, toxicomanes, immigrations africaines et haïtiennes. Jacques Roux publie une circulaire interdisant aux populations à risque de donner leur sang. Il faut comprendre qu’à l’époque l’espérance de vie d’une séropositif ne dépassait pas plus de 5 ans. C’était en quelque sorte une mesure de quarantaine.

Aujourd’hui, difficile de considérer que cette loi soit pertinente. Les progrès médicaux ont été considérables depuis la découverte de la maladie. Que ce soit au niveau du dépistage comme du traitement, le SIDA n’est plus aujourd’hui le même monstre qu’à l’époque. Ce type de restriction a-t-il encore du sens ? Selon les autorités sanitaires : oui. la population homosexuelle serait beaucoup plus touchée par le SIDA que les hétérosexuels. Les risques de contaminations seraient donc plus élevés pour ces individus. L’élément central de la restriction viendrait du fait que le virus incube dans le corps du malade jusqu’à 20 jours avant l’infection. C’est impossible de le découvrir avant. Ces arguments semblent cependant assez catastrophiques car 20 jours seraient suffisant afin de déterminer si le sujet est séropositif et donc éviter la propagation. De plus, l’immense majorité de la communauté LGBT reste séronégative.

Une décision contradictoire

Sur le site du service public, il n’est fait aucune mention d’interdiction au don pour les homosexuels. De fait, le service médical se concentre déjà sur les activités à risque. L’interdiction au don vient plus des moeurs de l’individu que d’un simple choix sexuel. Ainsi, si vous menez une vie saine et stable, il n’y a globalement aucune raison de vous exclure du don du sang. Ce qui est remarquable c’est qu’en se fixant sur cette logique médicale simple, et non pas simpliste, on pourrait certainement réduire le risque de pénurie que subissent les banques du sang de nos jours. Combien de vies pourrions-nous préserver en permettant aux homosexuels ayant une vie normale de donner leur sang au même titre que les autres?

Peut-être plus que ceux qu’elle discrimine. Ce texte crée en effet une barrière absurde entre les individus. Le don de sang est un acte de solidarité par excellence. En excluant les homosexuels d’une forme aussi paranoïaque, on brise les liens de solidarité que pouvaient naître entre donneurs et receveurs. Une décision complètement contradictoire avec le principe de tolérance. Les homosexuels sont confondus avec les séropositifs et les deux groupes sont les seuls considérés. Comme si au fond, ils étaient la seule menace pesant sur le don du sang. Loin d’améliorer la situation, cette loi maintient un statu quo dans l’opinion.

Notez cet article !
Nombre de vote : 0
Joao
Je m’appelle Joao et je suis chroniqueur chez Juste 1 Question. Je cherche à vous informer sur l’actualité mondiale de façon simple, concise et avec un grain d’humour. Je veux que vous puissiez appréhender chaque info. Pour cela, je compte toujours aller à l’essentiel et vous apporter les faits et mes analyses sans fioritures. Bref, mon but est de vous montrer que vous pouvez comprendre ce qui vous entoure en vous posant juste 1 question.

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier quand
avatar

wpDiscuz