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L’Homme a-t-il délaissé la Lune?

31 Oct , 2018  


Trop coûteux et peu légitimes, les voyages habités vers la Lune on été délaissés depuis 1972, au terme de la  mission Apollo 17.

A l’heure où le voyage stellaire fait fantasmer le cinéma, on en oublierai presque que ça fait plus de 40 ans que l’Homme n’a plus remis les pieds sur la Lune. La NASA a reculé face aux coûts de telles voyages dont la  portée est plus symbolique que scientifique. Aujourd’hui ils ne sont plus que quatre encore vivants à avoir foulé le sol lunaire : Buzz Aldrin, Charles Duke,  Harrison Schmitt et David Scott. Ils ont tous plus de quatre-vingts ans. Connaitrons-t-ils leurs successeurs  ? Seront-t-ils Américain ?Chinois ou Russe? Qui sont les acteurs de cette nouvelle course stellaire et pour quels enjeux ? On fait le point sur l’exploration de la Lune.

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La mission Apollo 11, le 21 juillet 1969

Pourquoi on ne retourne plus sur la Lune ?

En 1968, le cinéaste Stanley Kubrick imaginait qu’en 2001, l’Homme irait bien plus loin dans l’Espace. Les navettes spatiales auraient pratiquement remplacé les avions. On allait marcher sur la Lune après tout.  La technologie et la robotiques ont évolué à un rythme qu’il ne pouvait s’imaginer, pourtant les hommes ne vont plus dans l’Espace – ou du moins au delà de l’orbite basse (2000 km du noyau de la Terre) où se trouve la station spatiale internationale. Et pour cause : la présence humaine dans les missions a peut être du cachet sur le papier, mais le coût et les risques encourus pour de telles projets sont disproportionnés par rapport aux rétributions  – essentiellement symbolique.
Mais ce n’est pas tout : le budget des agences spatiales ont considérablement diminués. En 1966, en plein cœur du développement d’Apollo, la NASA représentait  5,5% du budget américain, contre 0,5% aujourd’hui. On était en pleine guerre froide, la science comptait moins que la course aux étoiles contre les Russes. First Man de Damien Chapelle rend d’ailleurs assez bien ce côté, notamment après que la NASA se soit fait doublée à trois semaines près pour faire la première sortie extravéhiculaire spatiale en 1965. On voit aussi tres bien qu’à l’epoque le projet Apollo était pointé du doigt comme trop coûteux et peu utile.

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Que ce soit  pour des raison sécuritaires, budgétaires ou scientifiques, aucun projet habité n’est allé à son terme depuis la fin du programme Apollo. Le projet Constellation de la NASA prévoyait par exemple  d’envoyer des hommes sur la Lune  pour des missions longue durée. Mais il a été annulé en 2010, trop en retard et trop coûteux.

Les arguments contre ce projet Constellation et le retour de l’Homme sur Le satellites sont toujours les mêmes. Autant  investir dans l’exploration de Mars, ou encore de l’Espace lointain, en pariant sur des robots ou sondes qui vont aujourd’hui jusqu’aux confins du système solaire. Il est plus raisonnable d’explorer le satellite depuis la Terre avec des robots, plus légers et moins couteux à envoyer sur la Lune.

Un milliardaire sur la lune ?

Les agences nationales ne sont plus les seules à viser les étoiles. Cette année on a bien plus entendu parler d’un certain « Elon Musk » que du président de la NASA. Son entreprise « SpaceX », ou encore « Blue Horizon » de Jeff Bezos sont des acteurs majeurs du voyage spatiale et ont  des fusées fonctionnelles (respectivement Falcon 9 et New Shepard) Leur objectif : proposer des voyages « low cost » vers l’espace. L’industrialisation et la commercialisation de l’espace ont maintenant un rôle déterminant dans l’exploration spatiale. Les agences spatiales, dont le budget se réduit chaque année, dépendent de plus en plus du privé.

 

Alice Marquereau DR

Alice Marquereau DR

Contrairement aux agences nationales, qui fonctionnent avec l’argent public,  SpaceX et Blue Horizon n’ont de compte à rendre à personne.  Ainsi Elon Musk a pu envoyer une voiture Tesla dans l’Espace.

SpaceX est tout simplement une agence de voyage  spatial. Et quelle meilleure destination que la lune ? En septembre dernier, Musk à annoncer qui serait le premier touriste lunaire :  le milliardaire japonais Yusaku Maezawa. Il devrait y être pour l’horizon 2023.  L’homme d’affaire a annoncé qu’il emmènerait huit artistes avec lui. Un rêve. Mais rien n’est moins sûr  que cette mission dont le prototype principal n’a toujours pas été conçu.  A noter qu’aucun alunissage n’est prévu, probablement bien trop cher  et compliqué pour des non-professionnels.

Tandis que les agences privées rêvent toutes du voyage vers la Lune, la NASA n’a pas oublié son premier amour. 2023 :  c’est aussi la date annoncée par l’agence américaine pour le grand retour de l’Homme vers la Lune. La mission EM-2 a pour objectif principal, selon l’organisation, de « relancer l’exploration habitée lunaire pour qu’au  long terme suivent des missions sur Mars et d’autres destinations »
Il n’est plus question de visite de courtoisie. La NASA veut repousser les frontières terriennes de façon durable. Mais attention, pas d’alunissage prévu dans cette mission non plus, seulement une mise en orbite du vaisseau Orion, dont ce sera la première excursion habitée.

 

Vers une colonisation lunaire

L’Homme n’a pas quitté l’espace depuis 18 ans aujourd’hui : Le 31 octobre 2000, la station spatiale internationale commençait à être habitée. Il n’est resté bout à bout que 72 heures 18 minutes sur la Lune, et il y a bien longtemps. La NASA rêve de repousser bien plus loin la présence permanente de l’Homme dans l’Espace. D’ici 2025, elle va arrêter de donner sa contribution pour la  L’orbite basse (2000 km de la terre) a été acquise,  il faut pour eux viser bien plus loin. Et c’est là que la Lune revient dans l’arène. Le nouvel objectif de la NASA, annoncé par le président Trump, c’est de faire la Lune une base spatiale permanente, une escale avant Mars et le reste de la Galaxie. Le « deep space gateway » rebaptisé plus récemment « Lunar Orbital Platform-Gateway »est la première étape de ce grand projet : en 2017, la NASA a proposé de mettre en place une station orbitale autour de la Lune pour relancer les recherches dans l’espace cis-lunaire (entre la Terre et son satellite) Y participent toutes les agences spatiales de l’ISS (Russie, Etats-Unis, Japon, Canada et Union européenne)  notre Thomas Pesquet national planche notamment dessus.  La NASA n’est d’ailleurs pas la seule à vouloir relancer l’exploration lunaire. l’agence russe Roscosmos était la première à imaginer une station orbitale, elle a d’ailleurs annoncée qu’elle comptait renvoyer des hommes sur le sol lunaire d’ici 2030. L’agence spatiale européenne n’est pas en reste  : c’est elle qui, en 2015, imagine un « village lunaire » pour l’horizon 2030. Mais ce projet est encore bien flou, et les habitants de ce village international pourraient tout aussi bien être des robots.

Les projets vers la Lune foisonnent, il semblerait donc qu’à  terme , l’Homme refoulera bien le sol lunaire. En attendant, les projets vers la Lune ne sont pas en reste. En décembre notamment, la Chine va lancer  sa mission Chang’e 4 et poser un rover (un véhicule robotisé pour l’exploration spatiale) pour visiter la face cachée de la lune.

Le rover de la NASA sur Mars, Opportunity. Perte de contact depuis juin 2018 (image de synthèse)

Le rover de la NASA sur Mars, Opportunity. Perte de contact depuis juin 2018 (image de synthèse)

Et la première mission habitée sur Mars ? Pas avant 2033 d’après la NASA. D’ici là plusieurs voyages vers la Lune sont prévus pour tester Orion, le vaisseau qui devrait aller sur la planète rouge. Nous connaîtrons alors peut être notre 21 juillet 1969.

Alice Marquereau DR

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Thaïs Chaigne
Grande curieuse sur tous les fronts, je veux transmettre ce que j'apprends. (Surtout si vous me lancez sur l'Asie...)

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