2028013

A propos,Cinéma,Culture / Divertissement

Bohemian Rhapsody, le triomphe de Rami Malek ?

12 Nov , 2018  

Dans la course aux Oscars chaque année, quelques films partent avec des longueurs d’avance sur leurs concurrents : les uns grâce à leur casting/production d’exception, les autres grâce à leur scénario qui attise la curiosité du spectateur. Bohemian Rhapsody se trouve plutôt dans cette deuxième catégorie. Mais le biopic de Queen est-il vraiment à la hauteur de toutes les attentes qui pesaient sur lui ? Voici quelques éléments de réponse.

Rami Malek dans la peau d’un génie

Le niveau du film était évidemment conditionné par la performance de Rami Malek dans le rôle de Freddie Mercury. J’étais très anxieux à l’idée de voir un acteur se confronter à un personnage aussi charismatique, talentueux et exubérant ; pour être plus tranché, je ne voyais simplement pas comment un acteur aurait pu me faire oublier le Mercury original.

Crédits: lci.fr

Crédits: lci.fr

J’ai donc été très agréablement surpris par Rami Malek. Son talent n’était déjà plus à prouver avant la sortie de ce film, mais ce rôle s’annonçait comme un tremplin exceptionnel pour lui s’il parvenait à réaliser une très bonne prestation, ce qu’il a fait. Sa transformation faciale pour le rôle lui a donné des vrais airs de Freddie Mercury, il joue habilement avec les mouvements de mâchoire et ses interprétations des chansons en play-back sont un succès.
Evidemment, je me dois néanmoins de formuler une critique sur les moments du groupe sur scène. Si Rami Malek est excellent dans son interprétation de Freddie Mercury dans 80% du film, il reste que les 20% restants ne convainquent pas. Heureusement dans un sens, car il aurait été pénible de reconnaître qu’un autre que Freddie lui-même puisse être aussi génial sur scène. Je n’en tiens donc pas rigueur à l’acteur sur ces scènes de concert : Freddie Mercury est tout simplement inimitable lorsqu’il a un micro à la main.

Crédits: première.fr

Crédits: première.fr

Une histoire en demi-teinte

Je suis allé voir le film deux fois. La première fois, je suis sorti retourné, enivré par les airs de Queen qui se jouaient dans ma tête et par la joie immense de ne pas avoir été déçu par le film. Grand fan du groupe, je me suis rendu compte que l’excitation et l’adrénaline avaient pris le dessus, et qu’un deuxième visionnage s’imposait pour se forger un avis un temps soit peu pertinent à propos du film. J’ai été beaucoup plus attentif à la structure du film, la réalisation, les choix de détailler certains aspects de la vie de Freddie Mercury ou non, et je dois dire que le film est en réalité ultra classique.

Attention spoilers

Le film suit l’histoire du groupe, depuis la rencontre de ses membres jusqu’au concert Live Aid à Wembley en 1985. L’histoire est divisée en plusieurs parties, trois en réalité. D’abord, la groupe devient un phénomène et est une véritable machine à tubes ; ensuite, Freddie quitte le groupe et vit une descente aux enfers à cause de son isolement et de ses soirées délirantes qui ont été la cause de sa maladie ; enfin, le groupe se reforme et repart de plus belle vers le succès. Ce schéma est quasiment toujours utilisé, et le film ne gagne pas à se cantonner à ces éléments déjà vus. Pour continuer dans le déjà (trop) vu, la scène d’intro est le début de la scène de fin. Vous savez de quoi je parle, c’est une mécanisme classique : le protagoniste est à l’apogée de sa gloire, il s’apprête à faire quelque chose d’exceptionnel et là… flash-back à l’époque où il n’était personne. Pour être tout à fait honnête ce système m’agace, pourquoi ne commencerait-on pas tout simplement le film au début de l’histoire ? Enfin, du vu et revu dans la scène de la conférence de presse où Freddie est défoncé et se sent mal face aux flashs des caméras.

Crédits: telerama.fr

Crédits: telerama.fr

Je reconnais néanmoins plusieurs grandes qualités au film. Toutes les facettes de Mercury confronté à sa solitude et sa maladie sont traitées avec une extrême délicatesse et même une certaine pudeur, sans pour autant complètement ignorer ces parties de sa vie, ce qui était à mon sens un ingrédient essentiel pour réussir ce film. L’autre aspect qui m’a énormément plu est le fait que, bien que le film soit assez Mercury-centré, les autres membres du groupe soient très justement mis en valeur. Les trois hommes ont  une réelle importance tout au long du film, de manière à ce que l’on ait l’impression qu’ils ont un véritable poids dans l’histoire. Ce sont d’ailleurs majoritairement avec eux que les scènes comiques du film se déroulent, tandis que les scènes dramatiques sont réservées à Freddie seul ou avec the Love of his life Mary. Le dernier quart d’heure au concert à Wembley est enfin très réussi.

Une distribution prometteuse

Le casting du film est extrêmement réussi. Ben Hardy, Gwilym Lee et Joseph Mazello (respectivement dans les rôles de Brian May, Roger Taylor et John Deacon, les trois autres membres du groupe) sont absolument parfaits dans leur statut de musicien ultra talentueux et d’amis fidèles de Freddie Mercury. Il est plus que probable que le fait que les véritables membres du groupe produisent le film ait largement contribué à cet équilibre dans les relations des membres de Queen. Allen Leech (Downton Abbey et Imitation Game notamment) est surprenant dans la peau de Paul Prenter, l’assistant manager du groupe devenu intime de Freddie. Il a une importance cruciale dans l’évolution de l’histoire et de la mentalité de Freddie et tient son rôle avec brio. Mention spéciale pour Lucy Boynton (Gypsy et Le Crime de l’Orient-Express)qui est absolument sublime dans le rôle de Mary Austin, le pilier de la vie de Freddie et la pierre angulaire du film ; elle est magnifiquement juste dans chacune de ses interventions. Deux acteurs de choix, à savoir Aidan Gillen (aka Little Finger dans Game of Thrones) et Tom Hollander (Beckett dans Pirates des Caraibes) viennent compléter la très belle distribution.

Freddie et Mary Crédits: premiere.fr

Freddie et Mary
Crédits: premiere.fr

La bande originale est évidemment géniale, et on ne peut que regretter que plus de morceaux du groupe ne puissent tenir dans le film. Le fait que des archives existent en masse sur le groupe facilite grandement l’usage des costumes, des lieux et des décors appropriés.

J’en attendais beaucoup, voire énormément, de la part de ce film, et cela est absolument contre mes habitudes. Mon analyse est assez simple sur le degré satisfaction que l’on peut avoir ou non sur le film : il est proportionnel à votre degré de « fanitude » du groupe. Si vous avez adoré autant que moi la première fois que vous l’avez vu, mon conseil serait donc de ne pas le reregarder, vous ne l’aimeriez probablement pas autant.


Notez cet article !
Nombre de vote : 1

Articles similaires :

Pépite, bande-son d’un été nostalgique ? Une pépite, qu'est-ce que c'est ? C'est l'or que l'on trouve à force de creuser le sol. C'est l'éclat de chocolat que l'on trouve avec bonheur dans so...
Londres et les Caraïbes : une belle histoire d’amour musicale ?... La scène underground de Londres n'a jamais été aussi dynamique qu'en ce début d'année. Si le grime est, depuis 2015, plus dynamique et visible que jam...
La Fourth World Music, qu’est-ce que c’est ? Pendant l'été, Juste1Question vous fait découvrir des genres musicaux électroniques oubliés, peu connus voire méconnus. Aujourd'hui, pour ouvrir cet...
Sol Patches : the voice of an other Chicago ? We asked a few questions to Sol Patches, a transgender rap artist from Chicago. The opportunity to talk about their excellent album AsWaters Hurricane...
Louis
Apprenti juriste, tennisman au repos et musicien à la retraite. Amateur de théâtre, cinéma/séries, sport, politique, jeux vidéos... En somme, friand de tout mais spécialiste de rien, j’aime surtout essayer d’associer information et humour, sur des sujets parfois inattendus.

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier quand
avatar

wpDiscuz