TRUDEAU

Politique,Société

73ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU, Où en est-on de l’éducation?

27 Oct , 2018  

Leave No Girl Behind: Compte à rebours d’ici à 2030

Douze ans pour supprimer les obstacles et ne laisser aucune fille de côté

En cette période réunion de l’Assemblée Générale des Nations Unies (communément AG), qui réunis de nombreux chefs d’Etats des pays membres tous les ans de septembre à décembre. Cette année a lieu la 73ème session de l’AG, principal organe délibérateur, décisionnaire et représentatif des Nations Unies.

De nombreuses conférences ont donc lieu sur des sujets multiples, notamment sur les Droits de l’Homme, dont je vous ferai part dans cette nouvelle série d’articles.

Une conférence particulière concernant l’organisation Leave No Girl Behind s’est tenu le 25 septembre. Cette initiative a été organisée par l’UNESCO avec le Canada, la France et le Royaume-Uni, le Kenya le Niger. Particulière car elle a ainsi réuni M. Justin Trudeau, M. Emmanuel Macron et Mme Theresa May, faisant appel à la mobilisation pour l’éducation des filles.

Leave no Girl Behind

Cette organisation créée en 2013 et basée en Afrique du Sud est à but non-lucratif, engagée dans l’autonomisation des filles et jeunes femmes dans le monde entier. Elle lutte contre toute forme d’abus que celles-ci subissent : trafic d’enfants, mariages d’enfants, mutilation génitale et autres violations des Droits de l’Homme. Mais aussi contre les grossesses prématurées, le VIH et l’automutilation, tout cela à travers l’éducation, l’autonomisation, la sensibilisation et prise de conscience de ces problèmes, malheureusement encore nombreux de nos jours, que ce soit dans les pays en développement ou les pays développés.

Le site web de l’organisation[1] s’appuie sur de nombreuses statistiques pour démontrer l’importance de cette lutte.

Ainsi, l’organisation affirme que si les femmes avaient une éducation secondaire, la mort infantile serait divisée par deux, sauvant ainsi 3 millions de vies, et deux-tiers en moins de mariages d’enfants.

Cela met donc l’éducation au centre des préoccupations mais aussi intérêts internationaux.

Déclaration de Justin Trudeau

Nous connaissons l’implication du Premier Ministre Canadien, porte-parole de la déclaration de Charlevoix (Canada) sur l’éducation de qualité pour les filles, les adolescentes et les femmes dans les pays en développement lors du G7, en juin 2018. [2]

Justin Trudeau a commencé son discours en affirmant que la connaissance à travers l’éducation est clé pour bâtir un monde meilleur. 1 enfant sur 5 ne va pas à l’école. Il ne s’agit pas ici d’une seule question d’injustice, mais de comprendre que l’éducation entraine des changements positifs. Plus de savoir entraine à une meilleure approche du monde.

Il a ensuite mis l’accent sur l’importance de travailler ensemble (coopération entre gouvernements) pour trouver des solutions globales. Il s’agit de comprendre et d’éliminer les obstacles qui empêche l’achèvement de l’éducation. « Les jeunes sont une inspiration, je pense par exemple à Malala. Il faut travailler avec eux. »

Le Premier Ministre a aussi noté que l’éducation était mise de côté dans les situations de maintien de la paix dans les régions en crises. En tout, 3.8 billion de dollars ont été investi dans l’éducation des filles en situation de crises à l’issu du G7, « the largest investment of its kind ».

Cette implication dans l’éducation des jeunes filles a été lancé à Charlevoix avec le Canada, l’Union Européenne, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni, la France et la Banque Mondiale.

M. Trudeau a conclu en disant que l’éducation était plus qu’un seul problème d’argent. C’est aussi un engagement et une compréhension du fait qu’éduquer les femmes n’est pas quelque chose que nous devrions faire mais quelque chose qui est réellement un puissant levier pour améliorer le monde dans lequel nous vivons.

Déclaration d’Emmanuel Macron

A la suite de Justin Trudeau il a posé la question suivante : comment peut-on œuvrer pour la transmission des savoirs et d’émancipation ?

Il faut offrir à chacun le pouvoir de transformer les choses et de réaliser son talent. Son objectif, qui est selon lui le cœur de la politique, est d’élever le niveau général des élèves. C’est la justice sociale d’un pays. Il s’agit de former des citoyens libres qui luttent contre les discriminations, car c’est ce qu’on leur a offert : le savoir. C’est cette même ambition qu’il souhaite voir à l’échelle internationale.

En cela, le Président a souligné l’importance de la Déclaration de Charlevoix. Il y a en effet besoin d’une qualité de l’éducation, afin d’ancrer les normes sociales et culturelles.

Parmi les nombreux obstacles à l’éducation il cite les mariages d’enfants et les grossesses précoces comme étant les plus importants.

En ce qui concerne le compte à rebours, il présente un plan structurant au niveau international : 444m d’enfants africains doivent aller à l’école en 2030 et il y aura une perte économique de 21 milliard de dollars si nous n’investissons pas dans l’éducation.

M. Macron a conclu en déclarant « Je crois en l’égalité femme/homme, c’est ce qui fait notre universalisme » et « la santé et l’éducation sont des éléments tangibles de notre humanisme ».

Enfin il affirme soutenir ses engagements pris au G7.

Déclaration de Theresa May

La déclaration de la Première Ministre n’a pas été aussi solennelle ou pompeuse que celle des deux porte-parole précédents. Son discours était principalement contenu de répétitions des affirmations de M. Macron et M. Trudeau ou de propos généraux appuyés sur des chiffres : « 130 000 enfants ne sont pas allés à l’école cette année ; n’ont pas reçus d’éducation ; nous nions leur potentiel ; l’éducation est clé pour débloquer le futur… »

Douze ans pour supprimer les obstacles et ne laisser aucune fille de côté

Cette conférence a réuni les Etats du Canada, de la France, du Niger, du Royaume-Uni, du Kenya et de la Jordanie, ainsi que les organisations suivantes : Global Partnership for Education, Global Citizen, Plan International, UN Women, Education Cannot Wait, UNGEI et l’UNESCO.

Tous se sont réunis ce jour-là pour réaffirmer leur volonté d’avancer, de définir de nouvelles mesures et des engagements financiers et de convenir d’actions communes. Lesquelles sont les suivantes :

  • Promouvoir des systèmes éducatifs prenant en compte les questions de genre.
  • Améliorer la coordination entre l’aide humanitaire et la coopération pour le développement.
  • Promulguer et faire appliquer des lois permettant d’assurer 12 années d’un enseignement de base gratuit et de lever les obstacles à l’éducation grâce à des réformes plus larges (ex : sur les mariages d’enfants).
  • Investir dans les enseignants ; se concentrer sur les filles les plus marginalisées, notamment celles qui se trouvent en situation de conflit, de crise, celles qui vivent en milieu rural et celles qui ont un handicap.
  • Promouvoir les écoles en tant que lieux d’apprentissage sûrs, sans préjugés, violences ou discriminations.
  • Encourager les communautés les parents, les garçons et les hommes ainsi que les filles elles-mêmes à remettre en question les croyances, les pratiques, les institutions et les structures patriarcales qui favorisent les inégalités de genre.
  • Suivre les progrès et assurer la collecte de données réparties par sexe et par âge pour remédier aux inégalités fondées sur le genre dans l’éducation.
  • Préparer les filles aux métiers de demain, développer leurs compétences dans le domaine du numérique et combler l’écart entre les filles et les garçons dans l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques.
  • Resserrer la coopération internationale, régionale et Sud-Sud pour promouvoir l’éducation des filles.

Cette conférence avait pour but de mobiliser la communauté internationale pour atteindre l’ODD 4, objectif de développement durable de l’ONU et de l’UNESCO : l’éducation. Et annoncer les nouveaux engagements des Etats-membres, en amont de la Réunion mondiale Education 2030 organisée par l’UNESCO en décembre 2018 et le Forum politique de haut niveau consacré aux ODD en 2019 pour dresser un bilan des progrès accomplis au regard de l’échéance de 2030.

Pour voir l’intégralité de la conférence:

http://webtv.un.org/meetings-events/watch/12-years-to-break-barriers-and-leave-no-girl-behind-countdown-to-2030/5840089085001/?term=

[1]http://www.leavenogirlbehind.org/

[2] https://g7.gc.ca/fr/documents-officiels/declaration-charlevoix-education-qualite-filles-adolescentes-femmes-pays-developpement/

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Etudiante en relations internationales, je m'intéresse à toute l'actualité autour du monde, que ce soit d'un point de vue politique, économique, social ou culturel. Les sujets qui me tiennent à cœur sont divers, je tenterai de vous les faire partager au mieux !

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